J’ai du coup cesser de ramer. Car à quoi bon se battre contre ce courant de personnes, qui telles des fourmis laborieuses, se précipitent pour être à l’heure à leurs rendez-vous ou au travail. Alors que moi, n’ayant aucune obligation quelle qu’elle soit, je désire simplement laisser baguenauder autant mon esprit que mon corps.
J’ai réussi à force de ramer à sortir de cette nasse emprisonnante pour emprunter un chemin de traverse. Non pas une impasse ni un raccourci géographiquement concret ou spirituellement, mais un véritable sentier qui me permet d’exister certes avec tous mes travers, mes ambitions et surtout mes désinhibitions enfin tout ce qui est mon moi profond.
J’ai bien constaté que d’autres individus séquestrés dans ce filet gluant essayaient en pure perte, de toute leur force de se désharponner, tant ils étaient « sardinés » par la société, les codes de vie et leur soit — disant honneur.
N’aurais — je donc pas d’honneur puisque je suis parvenue à être libre, sans entraves d’aucune sorte ? Bien évidemment, ma liberté de ton et la manière dont je vis peut faire peur à ceux qui souhaiteraient me fréquenter, car ils se diront sans doute « que pensera telle personne de moi si je la côtoie », la trouille du « quand dira-t-on », de la rumeur ce terrible fléau qui fait ou défait la meilleure des réputations.
Et bien que m’importe puisqu’il parait qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné.
S’il faut être seul, isolé, dans sa bulle, pour vivre en pleine harmonie avec son soi profond pourquoi hésiter. Cette revendication haute et totalement assumée fait de moi une seule chose : un être humain indépendant.
Mais à quel prix cette liberté ?
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