Depuis la nuit des temps, l’on demeure comme un flonflon du bal et le vent nous emporte et nous dépose là où il le souhaite. Cette existence est sacrée, mais si celle — ci ne nous convient pas avons-nous la possibilité d’en parler ou ne plus la vivre ?
Vous pensez certainement que le flonflon est un accessoire de fête, quelque chose de chaleureux qui à sa place dans le tourbillon de la Vie.
Il est grand temps que vos yeux se dessillent comme ceux des poètes ou des artistes qui l’ont fait avant vous.
Même l’Auguste, qui a toute sa carrière a fait rire les grands et les petits par ses grimaces et ses pitreries, est triste et s’il s’est autant grimé c’est pour mieux cacher son désespoir. Il parle, parle comme un cri de détresse, il parle pour ne pas mourir pour continuer à vivre, pour ne pas s’engouffrer dans les affres de l’Enfer.
Chaque minute de sa vie, est un combat, contre le trapéziste qui vole si haut qu’il peut en outre s’accrocher aux anneaux de Saturne, contre le dompteur de fauves, malgré les apparences est autant emprisonnés que ceux — ci dans sa cage, qui fait claquer son fouet à longueur de représentation.
Notre Auguste combat avec la force du désespoir contre l’écuyère qui monte parfois sur ses grands chevaux, contre Monsieur Loyal dont il convoite l’habit de lumière et même contre l’Hercule, car cela l’empêche de se battre contre lui — même.
Le désarroi qui est en lui le ronge depuis des années, jour après jour. Il en est des silences qui tuent.
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